[FOCUS] Etats-Unis : nouvelle restriction de la F.D.A.

Dans le numéro de janvier/février 2017, Rocky Patel s’exprimait sur la nouvelle loi de la F.D.A., focus sur cette nouvelle règlementation d’outre-Atlantique.

La clause grandfather

La mesure phare de la règlementation du 5 mai 2016 est le retrait des cigares qui n’étaient pas sur le marché au 15 février 2007. En effet ceux-ci bénéficient de la clause grandfather et rien ne change pour eux, les vieux modules sont donc sauvés ! Pourquoi cette date ? Elle correspond à une loi anti-tabac, la Family Smoking Prevention and Tabacco Control Act.

Pour les vitoles plus récentes, la distinction suivante s’impose : le fabricant a-t’il déposé un dossier auprès de la F.D.A. avant le 8 août 2016 ? Si oui, alors les cigares concernés pourront être vendus pendant encore deux ans en attendant l’approbation de la F.D.A., sinon retrait de ceux-ci pendant l’examen de la demande…

Spéculons un court instant, lorsque cette directive a été prise le rapprochement entre Cuba et les USA battait son plein : serait-ce là une protection des marques américaines en cas de fin d’embargo ?

On peut bien sûr le penser, mais dans ce cas la date du 15 février 2007 semble lointaine. Pour clôre le scenario d’une fin d’embargo, on peut noter que de nombreuses marques ont recopié les cubaines : des PartagasRomeo y julieta et autres se sont donc créés hors Cuba et ont déposé la marque aux Etats-Unis. Quid en cas de fin d’embargo ?… Sans doute de belles batailles juridiques !

Les autres mesures

Quelques autres mesures en bref.

Tout d’abord (et proche de la tendance Française), à présent 33% de la surface des emballages devront être recouverts par des avertissements sur la nocivité du tabac.

Ensuite, la F.D.A. souhaite se voir communiquer la composition des cigares. Sans préciser par ailleurs sur ce qu’elle entend par « composition » : cépages utilisés ? Composition chimique de ces feuilles ? … pas d’infos là-dessus. La F.D.A. souhaite également que des tests soient effectués sur les vitoles pour en analyser la fumée, oubliant ainsi que la fumée n’est pas inhalée lorsque l’on déguste un cigare…

Enfin, les civettes et producteurs ne sont plus autorisés à distribuer des échantillons gratuitement. Ce régime est celui que nous connaissons en France, mais les répercussions outre-Atlantiques ont été assez fortes puisque cela remet en cause par exemple l’association  « Cigar For Warriors ». Cette dernière récolte des cigares auprès de particuliers, producteurs, civettes, et les envoie aux militaires sur le front. A présent, ces échantillons ne peuvent plus être distribués et l’association ne sait pas comment elle pourra fonctionner dans les temps à venir !


F.D.A. : Food and Drug Administration, est l’administration qui règlemente aux Etats-Unis tant le marché des médicaments que celui des denrées alimentaires et depuis 2009, l’industrie du tabac.

[FOCUS] Social Humidor

Cigare et smartphone, l’association ne va pas forcément de soi !

D’un côté la suspension du temps, la lente dégustation, l’évasion… de l’autre l’hyper-connexion, les notifications incessantes, les sonneries et rappels qui nous ramènent inexorablement au concret, au « tout et tout de suite »… Enfin bref, deux mondes qui ne semblent pas aller ensemble, et pourtant…

Et pourtant quelques applications et logiciels existent, que ça soit pour régler et surveiller son humidité à distance, gérer une cave faite de centaines de boîtes… Présentation ici de Social Humidor, celle que j’utilise.

Gérer sa cave

Cette application vous permet tout d’abord de consigner l’ensemble de vos vitoles, prix, lieu d’achat, date, bientôt le code boîte… Bref, jusque-là rien de bien indispensable, sauf à avoir une cave si grande que l’on ne se souvient plus de son contenu !

Personnellement ce qui m’intéresse davantage est le calcul du temps de cave, puisqu’à partir du jour où on indique l’achat, Social Humidor se charge de tout comptabiliser. Bien pratique lorsque l’on sait que l’on a un cigare qui se repose depuis un bout de temps, mais que l’on ne saurait dire combien !

A noter également une possibilité de tenir une wishlist pour la prochaine sortie en civette si l’on sait que l’on avait entendu parler d’un module sans se rappeler du nom.

Prise de note

Ces cigares consignés… sont bien entendu fait pour être fumés ! SocialHumidor permet également de prendre des notes sur les vitoles fumées.

Si les livres de Thomas Wormer sont plus beaux, on ne les a pas forcément sous la main lorsqu’en terrasse une vitole est allumée ! On peut alors prendre plusieurs notes, et même consulter celles de nos amis qui souhaitent les partager, et in fine, donner une note au cigare fumé.

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Social

Ce n’est pas la fonctionnalité que j’utilise le plus : si vos amis utilisent l’appli vous pouvez consulter leur humidor, dégustations et prises de notes. Certains partagent même cela de façon publique… ce n’est pas trop ma tasse de thé !

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Trouver des cigares et des lieux

Comme indiqué dans l’article sur la notation des cigares, une moyenne des notes des utilisateurs est faite, ce qui permet d’en faire ressortir certaines. Les têtes du classement sont connues et souvent hors Cuba : dans le top 20, seulement 5, et par exemple le 898 Partagas que l’on voit en 4ème position est la version dominicaine, idem pour le Siglo IV… si ça ne peut qu’étonner un Européen, ça s’explique vraisemblablement par le nombre d’américains sur l’application.

Enfin, et là c’est un gros atout de l’appli, une carte des fumoirs européens ! On y remarque d’ailleurs le désert français en la matière…

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Conclusion

En somme ce n’est pas une application indispensable, mais ça peut être pratique. Personnellement, je m’en sers essentiellement pour tenir comptabiliser le temps de cave de mes vitoles et prendre des notes lors des dégustations… dans l’attente d’avoir l’occasion me servir de la carte des fumoirs !

Pour conclure, il est possible de suggérer des cigares, fumoir, ou encore de faire un feedback sur l’appli. J’ai eu quelques échanges avec le créateur qui tient à jour celle-ci étant un passionné suisse fort sympathique !

[Focus] Rocky Patel, du barreau aux volutes

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Indien de naissance, Rakesh « Rocky » Patel est avocat à Los Angeles où il représente de nombreux acteurs, dont Arnold Schwarzenegger. Un de ses amis l’initie alors au cigare et à son monde, Rocky adhère immédiatement et participe à la création du « Grand Havana Club » de LA. Nous sommes alors dans le milieu des années 90 et le boum du cigare aux Etats-Unis commence à peine.

Celui qui est alors avocat est approché par un homme d’affaires qui lui propose d’investir dans une manufacture de tabacs, les fonds partent alors au Honduras et l’aventure cigaristique de Rocky Patel commence. En 1996, les premiers modules arrivent sur le marché Américain sous la marque « Indian Cigar Tabac Co » (le changement de nom se fera en 2002), les clients sont nombreux, attirés notamment par un packaging.

Le travail de Rocky continue alors sur deux fronts : d’une part une recherche sur le produit (amélioration des blends, du packaging…), et d’autre part, le relationnel puisqu’il voyage beaucoup pour implanter ses cigares dans les civettes du monde entier (ce qu’il fait toujours puisque Rocky est en voyage environ 300 jours par an).

Pour conclure, tentons de dresser un rapide portrait du Rocky actuel : ceux qui le rencontre disent qu’il est abordable, qu’il est une personne simple qui aime parler avec tous ceux qui veulent le rencontrer. On peut également relever que ce fan de football américain a eu plusieurs évènements conjoints avec des joueurs vedette des Baltimore Ravens, notamment Ray Lewis qui a eu son cigare dédié, le « Ray Lewis Legend 52 », au cepo de 52, le  numéro que portait ce linebacker.

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sources : rockypatel.com / wikipedia / cigar aficionado ; images publiées avec l’accord de la marque Rocky Patel.