Petite Pause…

Bonjour à tous,

Faute de temps à consacrer depuis quelques temps à l’écriture, je fais une pause. En effet, pressé, j’écris souvent mes articles d’une traite, prenant tout juste le temps de me relire. Je constate seulement quelques jours ou semaines plus tard que la qualité n’est pas au rendez-vous, ou tout du moins qu’il y a vraiment mieux à faire…

Puisqu’il est préférable de moins mais mieux écrire, je préfère donc m’arrêter quelques temps et revenir quand je pourrais davantage travailler mes articles.

De même, je me suis plusieurs fois rendu compte que certaines dégustations étaient trop consensuelles (je pense notamment à celle du Macanudo, ou du Rocky Patel) à l’avenir ça ne sera plus le cas ! Surtout que je sais pertinament que malgré ce que j’écrivais, je n’ai aucune envie de fumer à nouveaux des cigares.

À bientôt et bonnes vitoles à tous,

Aladdin Von Sane

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La notation des cigares

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Le vidéaste Usul dans sa chronique maintenant arrêtée « 3615 Usul » (que je vous invite par ailleurs à découvrir sur Youtube) posait les questions suivantes : peut-on, et doit-on, noter un jeu vidéo ? Nous ne reprendrons pas ici toute sa démonstration, forte intéressante, mais nous reprendrons et nous approprirons le questionnement : peut-on et doit-on noter nos vitoles ?

Doit-on attribuer une note aux cigares ?

En effet, dans une dégustation sont évoqués les points positifs, les points négatifs,  que ce soit par rapport aux arômes, à leur finesse,  à la construction… en somme une dégustation est une critique, mais celle-ci doit elle se terminer par une note ?

Mon premier réflexe est de répondre par la négative, une dégustation étant quelque chose de très subjectif comment peut-on attribuer une note qui, par son essence même, vient sanctionner objectivement le produit ? En outre, il y a de nombreuses variables dans une dégustation : notre attente envers la vitole, les conditions générales de dégustations, le temps passé dans l’humidor une fois le cigare acheté…

Ce premier réflexe passé, je me penche de nouveau sur la question. Tout d’abord il y a tout de même des tendances qui se dessinent, des cigares sont considérés par une grande majorité comme bons (le Juan Lopez Seleccion n°2 par exemple), et d’autres, d’une qualité moindre, parce que trop linéaires (le Vegas de Santiago D8), ou grandement amer. Ainsi, si une dégustation est subjective, des cigares apparaissent objectivement comme meilleurs que d’autres.

Ensuite, une note permet d’une certaine façon de conclure sa dégustation. Je m’explique, lorsque l’on déguste, on note tels points positifs, tels points plutôt négatifs et au final on peut se retrouver perdu en fin de dégustation avec cette interrogation : est-ce que ce cigare est bon ? Ainsi,subjectivement, une note permet de dire, si on trouve qu’un cigare est bon ou non, et à quel degré.

Ainsi, la notation d’un cigare n’a pas à être réellement objective en ce qu’elle conclue une dégustation qui ne peut être que subjective ; en revanche une moyenne de notes permet de dresser un tableau d’ensemble de différentes dégustations par différents palets, la note contribue donc à une appréciation globale. Ceci étant dit, comment noter ?

Comment attribuer une note ?

Deux types de notation semblent se distinguer, d’une part, les notations globales qui se reconnaissent subjectives, d’autre part des systèmes de notations qui tentent d’apporter une certaine objectivité à la notation par une méthode de notation. Pour être complet, nous pouvons relever que certaines attribuent une note en fonction de la puissance, ce qui semble étrange et inapproprié puisqu’un cigare bon n’est pas forcément puissant et inversement.

Dans les notations subjectives, commençons par évoquer le célèbre système de notation de l’Amateur de Cigare (ADC), c’est-à-dire une note de 1 bague à 5 bagues, en bref une note de 1 à 5. Ce système s’il a le bénéfice de la simplicité semble toutefois trop étroits, l’ADC assez souvent des précisions telles que « la note serait plutôt de deux et demis ». Cette possibilité de mettre des demi-points a été choisi par l’application Social Humidor (dont provient la capture d’écran ci-dessus) où l’on peut attribuer une note en 1 et 5 étoiles à nos vitoles, une moyenne étant alors établie avec l’ensemble des notes des utilisateurs. Enfin, pour être encore plus précis dans la notation (si on trouve que 3,5 n’est pas assez et 4 trop), il y a le système de notation du 50, notamment utilisé par Thierry et ses cigares. Au final cette notation est celle qui semble la plus précise sans l’être trop (puisque certains notent même sur 100), et permet donc d’exprimer aux mieux toutes les nuances présentées par un cigare.

Des méthodes de notation tentent elles de pallier en un certain sens à la subjectivité de la notation. Il s’agit alors de prendre en compte divers facteurs et d’attribuer une note à chacun, puis de faire la somme de toutes. Par exemple une note pour la construction, une pour les arômes et une pour la puissance et son contrôle. Si cette méthode permet de tout prendre en compte elle manque à mon sens de « folie » et ne laisse pas assez de place à l’émotion déclenchée par un cigare.

Le Cigare : un produit de luxe ?

En février l’IADC a publié une interview de Carlito Fuente (petit-fils d’Arturo, est-il besoin de préciser qui est ce dernier ?), intérrogé sur le prix important de l’OpusX (22 à 29€ en 2015), il justifie celui-ci par la qualité de la vitole. Plus loin, il précise qu’Arturo Fuente fabrique des produits de luxe, et que, le cigare n’étant pas indispensable à la vie, il en devient un produit de luxe, d’où cette interrogation : le cigare est-il un produit de luxe ?

Non. En effet s’il n’est nul besoin d’un cigare pour vivre, cela ne suffit pas à en faire un produit de luxe.

Le prix des cigares et des accessoires.

S’il se vend des vitoles à plus de 20€ (voir plusieurs centaines d’euros), un bon cigare commence à 3 ou 4€, tel que le Montecarlos de Por Larranaga pour n’en citer qu’un.  Sans entrer dans une longue énumération des bons cigares à moins de 12€, nous indiquerons simplement qu’à l’instar du vin, il n’est nul besoin de prendre une hypothèque pour déguster un cigare digne de ce nom.

Quid à présent des « accessoires » ? Entre humidors, coupe-cigares, briquets… l’aficionado a souvent de nombreux accessoires. Toutefois, point besoin de se ruiner pour acquérir un coupe-cigare qui fasse le job, ni pour conserver ses cigares (un tuppedor pouvant faire l’objet) cette logique pouvant être appliquée à tous les accessoires. Bien entendu rien n’empêche d’apprécier un objet de meilleure facture, mais c’est le cigare qui reste, et doit rester, au centre.

Je le conçois, il y a quelques exceptions à plusieurs milliers d’euros, si ce n’est plus, mais il faut traiter ces objets comme il se doit, c’est à dire des exentricités (pour ne pas dire des anomalies). De celles-ci, on ne saurait tirer une règle générale, ce serait comme affirmer que puisqu’il existe des carafes à vin en crystal, le vin est produit de luxe réservé aux nantis.

 

Des stéréotypes tantôt dépassés, tantôt entretenus.

Que reste-t’il alors ? Des stéréotypes, ceux-ci sont, il faut bien l’admettre, entretenus.

On citera le Festival Del Habano qui s’est ouvert cette semaine, où pour les 50 ans de Cohiba, 50 humidor Elie Bleu plaqués or seront mis en vente… On n’ose même pas en imaginer le prix. Le Petit Larousse des Cigares en tire alors cette conclusion : « les clichés sur le cigare « bling-bling » ont encore de beaux jours devant eux. :-(« .

Cette conclusion est partagée par la plupart des aficionados qui déplorent cette image du cigare et n’hésitent pas à la combattre au gré de diverses conversations.

 

Conclusion.

En somme, non le cigare n’est pas à notre avis un produit de luxe, mais il souffre de cette image entretenue à l’occasion de certains coups marketing divisant alors les consommateurs.

D’un côté les aficionados qui aiment le produit avant tout et qui souhaitent le partager avec le plus grand monde ; de l’autre il y a ceux qui sont attachés à l’image du luxe, ceux-là mêmes qui aborent des bijoux bling-bling et apprécient les bagues couvrant la moitié de leurs vitoles.


Qu’est-ce l’IADC ?

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Sans doute connaissez vous l’Amateur Du Cigare (ADC), magazine dédié au cigare et à son univers, eh bien l’IADC est l’International ADC, soit la version internationale du magazine. Disponible uniquement en ligne, et ceux gratuitement (contrairement à la version papier de l’ADC disponible en kiosque ou en ligne, mais payant).

Jusqu’à peu cet IADC (que l’on trouve uniquement sur l’AppStore et GooglePlay) n’était disponible qu’en anglais, il est maintenant disponible en Français !

Le contenu est alors en partie celui du magazine papier, ce dernier bénéficiant toutefois d’un contenu exclusif, ce qui en justifie le prix.